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Israël ou Palestine ? Que s'appelait réellement cette région il y a 2000 ans ? Retour sur l'histoire de Jérusalem, de la Judée romaine et de l'origine du nom Palestine.
À chaque débat sur Israël et la Palestine, les mêmes arguments reviennent. Certains affirment que la région appartenait historiquement aux Juifs. D’autres répondent que la Palestine existait bien avant la création de l’État d’Israël en 1948.
Pourtant, lorsqu’on remonte réellement deux mille ans en arrière, on découvre que la question est beaucoup plus complexe que les slogans modernes.
Car à l’époque, ni Israël ni la Palestine n’existaient sous la forme que nous connaissons aujourd’hui.
Au Ier siècle après Jésus-Christ, Jérusalem se trouvait dans la province romaine de Judée.
Cette région était peuplée majoritairement de Juifs et constituait le cœur historique du judaïsme. C’est là que se trouvait le Second Temple de Jérusalem, centre religieux du peuple juif.
À cette époque, l’Empire romain dominait une grande partie du monde méditerranéen. Les Romains toléraient généralement les religions locales tant que les populations restaient loyales à Rome.
Mais en Judée, les tensions étaient permanentes.
En l’an 70 après Jésus-Christ, une grande révolte juive éclate contre Rome.
La réponse romaine est brutale. Les légions assiègent Jérusalem, détruisent une grande partie de la ville et rasent le Second Temple.
Pour le judaïsme, cet événement constitue l’un des plus grands traumatismes de son histoire.
Aujourd’hui encore, le Mur occidental, souvent appelé Mur des Lamentations, reste l’un des derniers vestiges de cette époque.
Quelques décennies plus tard, une nouvelle révolte éclate sous la conduite de Simon Bar Kokhba.
Cette fois, l’empereur Hadrien décide d’aller encore plus loin.
Après avoir écrasé la rébellion, il entreprend une politique visant à réduire l’identité juive de la région. La province de Judée est alors renommée Syria Palaestina.
C’est de là que provient le mot Palestine.
Le choix n’est pas anodin. Les Romains s’inspirent du nom des Philistins, un peuple ancien qui avait occupé certaines régions côtières plusieurs siècles auparavant.
C’est une confusion fréquente.
Les Philistins de l’Antiquité n’étaient pas les Palestiniens actuels. Ils vivaient dans la région bien avant l’arrivée des Romains et ont disparu depuis longtemps en tant que peuple distinct.
Les Palestiniens modernes descendent principalement des différentes populations qui ont vécu dans la région au fil des siècles : Arabes, populations locales islamisées, communautés chrétiennes orientales et autres groupes ayant occupé le territoire.
Faire un lien direct entre les Philistins antiques et les Palestiniens contemporains serait donc historiquement simpliste.
Si Jérusalem continue à provoquer autant de passions aujourd’hui, c’est parce qu’elle occupe une place unique dans l’histoire.
Pour les Juifs, elle est la ville du Temple.
Pour les chrétiens, elle est liée à la vie, à la crucifixion et à la résurrection de Jésus.
Pour les musulmans, elle abrite notamment la mosquée Al-Aqsa et le Dôme du Rocher, troisième lieu saint de l’islam après La Mecque et Médine.
Peu de villes au monde concentrent autant d’histoire, de symboles et de croyances.
Le véritable problème des débats modernes est souvent l’utilisation de mots contemporains pour décrire des réalités antiques.
Dire que Jérusalem était israélienne il y a 2000 ans est inexact.
Dire qu’elle était palestinienne l’est tout autant.
À l’époque, Jérusalem se trouvait dans la Judée sous domination romaine, avant que la région ne soit renommée Syria Palaestina au IIe siècle.
Comprendre cette nuance historique ne résout pas le conflit actuel.
Mais cela permet au moins d’éviter de réécrire l’histoire à travers les lunettes de notre époque.
Saad van Nassouwe est un pseudonyme éditorial utilisé pour les contenus publiés sur belge.media.