Le porc est interdit dans l’islam : entre hygiène, climat et religion
Bien avant d’être une question religieuse, l’interdiction du porc dans l’islam trouve son origine dans des raisons sanitaires…
L'expression "valeurs judéo-chrétiennes" revient souvent dans les discours identitaires. Mais que cache cette alliance entre deux religions longtemps opposées ? Une construction politique moderne, utilisée pour masquer l’histoire, justifier des alliances géopolitiques et exclure un nouvel ennemi : l’islam.
L’expression « valeurs judéo-chrétiennes » est devenue un slogan répété à l’envi, que ce soit par des politiciens, des éditorialistes ou des défenseurs de l’« identité occidentale ». À les entendre, le judaïsme et le christianisme formeraient depuis toujours un socle commun, une civilisation unie, quasi fraternelle.
Mais un rapide retour en arrière montre que cette « fraternité » n’est pas seulement exagérée : elle est historiquement fausse. Alors, pourquoi cette alliance de façade ? Et qui a intérêt à la faire exister ?
Le terme judéo-chrétien est absent des discours historiques pendant des siècles. Il émerge surtout après la Seconde Guerre mondiale, dans un contexte de culpabilité européenne face à l’Holocauste.
L’idée : montrer que l’Occident, après avoir persécuté les juifs, partageait en réalité les mêmes racines spirituelles.
Mais dans les faits, le christianisme s’est longtemps construit contre le judaïsme, le qualifiant de peuple « déicide », accusé d’avoir tué le Christ.
Des pogroms aux expulsions, de l’Inquisition espagnole à l’affaire Dreyfus, l’Europe chrétienne n’a cessé de rejeter les juifs.
Alors parler de « valeurs communes » relève de l’amnésie historique volontaire.
Sur le plan doctrinal, le judaïsme et le christianisme sont incompatibles.
Le Nouveau Testament ne cesse de s’opposer aux pharisiens, aux scribes — c’est-à-dire aux figures religieuses juives de l’époque.
Les évangiles ne parlent pas d’un dialogue mais d’une rupture.
Bref, aucun rabbin ne se revendique « judéo-chrétien ». Le concept n’a aucun sens dans le monde religieux juif.
Pourquoi alors cette « réconciliation » subite au XXe siècle ?
La réponse est simple : l’ennemi a changé.
Avec l’immigration postcoloniale et l’arrivée de populations musulmanes, le discours identitaire européen a évolué.
Désormais, on oppose un « bloc judéo-chrétien » supposé éclairé à un islam perçu comme archaïque ou incompatible avec la République.
Le judaïsme devient ainsi le « bon monothéisme », celui qu’on inclut dans la « famille », pour mieux en exclure un autre.
C’est l’une des stratégies préférées de l’extrême droite contemporaine : retourner l’histoire pour en faire une arme contre les musulmans.
Ce glissement se poursuit au niveau géopolitique, notamment aux États-Unis.
Les mouvements évangéliques pro-israéliens sont parmi les plus fervents soutiens du sionisme.
Mais leur motivation n’est ni théologique ni morale : ils croient que le retour des juifs en Terre Sainte est un signe de l’Apocalypse imminente, où Jésus reviendra juger les vivants et les morts… y compris les juifs, censés se convertir à ce moment-là.
On est donc dans l’absurde : une alliance avec des gens qu’on pense ensuite damnés, le tout au nom d’un plan divin.
Mais cette alliance sert bien un but : justifier le soutien politique et militaire à Israël, quel que soit son comportement sur la scène internationale.
L’idée de « valeurs judéo-chrétiennes » relève plus du marketing politique que de la réalité religieuse ou historique.
C’est une manière de produire un récit identitaire, qui permet de :
Il est temps d’arrêter de brandir ce terme comme un étendard moral.
Le « judéo-christianisme » n’est pas un héritage. C’est une reconstruction opportuniste, qui cache mal les intérêts idéologiques qu’elle sert.
Saad van Nassouwe est un pseudonyme éditorial utilisé pour les contenus publiés sur belge.media.
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