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Nizar Trabelsi, ex-footballeur tunisien condamné pour terrorisme en Belgique et extradé aux États-Unis, vient d’être libéré après deux décennies de procédures. De joueur de football à djihadiste radical, son histoire soulève la question de la réinsertion et de la sécurité nationale.
Le nom de Nizar Trabelsi refait surface dans l’actualité belge. Après plus de vingt ans de détentions, de procès et d’extraditions, l’ancien footballeur tunisien vient d’être libéré. Une affaire qui, bien au-delà du fait divers, illustre la complexité du traitement judiciaire du terrorisme en Europe.
Né à Sfax, en Tunisie, en 1970, Nizar Trabelsi a d’abord connu une carrière sportive prometteuse. Footballeur professionnel dans les années 1990, il évolue notamment en Allemagne avant que sa vie ne bascule. Après la fin de sa carrière, il s’enfonce dans la marginalité, fréquente des milieux islamistes radicaux et se rapproche de réseaux liés à Al-Qaïda.
Arrêté à Uccle en septembre 2001, quelques jours seulement après les attentats du 11 septembre, Trabelsi est reconnu coupable en 2003 d’avoir planifié un attentat contre la base militaire de Kleine-Brogel, où sont stationnés des soldats américains.
Il est condamné à dix ans de prison pour association terroriste, possession d’armes et tentative d’attentat.
Son nom devient alors synonyme du djihadisme de première génération en Europe : celui des années 2000, avant Daech, où des individus isolés se rattachaient directement à la mouvance d’Al-Qaïda.
En 2013, après plusieurs années de détention en Belgique, il est extradé vers les États-Unis. Washington l’accuse d’avoir voulu commettre un attentat contre des intérêts américains.
Mais cette extradition, réalisée malgré les protestations de ses avocats et d’ONG, sera plus tard jugée illégale par la Cour européenne des droits de l’homme.
Les juges estimeront que la Belgique a violé ses engagements internationaux en le livrant sans garanties suffisantes sur ses conditions de détention.
Après des années de procédure et de détention aux États-Unis, Trabelsi est finalement rapatrié en Belgique en août 2025.
Le 22 octobre 2025, la Cour de cassation belge rejette les derniers recours du gouvernement, confirmant sa libération.
Devant les caméras, il déclare :
« Je veux me concentrer sur ma famille et ma santé. »
Ses avocats précisent qu’il n’a pas encore décidé s’il restera en Belgique ou retournera en Tunisie.
Pour l’instant, il est libre, mais reste surveillé discrètement par les services de sécurité.
Trabelsi appartient à une génération de djihadistes radicalisés avant Internet.
Pas de propagande numérique, pas de recruteurs en ligne : tout passait par des contacts directs, des mosquées radicales et des réseaux d’anciens combattants afghans.
C’est aussi ce qui le distingue des profils plus récents, nés de Daech et des réseaux sociaux.
Son cas interroge aujourd’hui : peut-on désislamiser ou réinsérer un homme radicalisé depuis plus de vingt ans ?
Et surtout, la Belgique doit-elle accepter qu’un ancien condamné pour terrorisme vive librement sur son sol, au nom du droit ?
La libération de Nizar Trabelsi met en lumière la fragilité de l’équilibre entre état de droit et sécurité publique.
La justice belge a respecté la procédure, mais l’opinion, elle, s’inquiète : le djihadisme n’est pas une idée qu’on efface en prison.
Quoi qu’il en soit, ce dossier restera dans l’histoire judiciaire belge comme un cas d’école : celui d’un homme passé du sport à la radicalisation, du symbole à la controverse, et aujourd’hui, de la prison à la liberté.
Saad van Nassouwe est un pseudonyme éditorial utilisé pour les contenus publiés sur belge.media.
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