Les jeunes rejettent-ils l’intelligence artificielle ou le monde du travail qu’elle prépare ?
Alors que les entreprises investissent massivement dans l’intelligence artificielle, une partie des jeunes travailleurs semble plus méfiante que…
Quand on ne sait pas lire, même retirer de l’argent au distributeur devient un défi. L’illettrisme touche 1 Belge sur 10 et accentue la fracture numérique. Comment éviter que ces citoyens soient exclus de la société connectée ?
Il arrive que des situations banales en disent long sur notre société. Au distributeur de billets, un homme insère sa carte, compose son code… puis bloque. Non pas à cause d’une panne technique ou d’un oubli, mais parce qu’il ne sait pas lire les instructions affichées à l’écran. Les chiffres, il les connaît. Les mots, non.
Ce simple geste, répété chaque jour par des millions de personnes, devient pour lui un obstacle infranchissable.
En Belgique, environ un adulte sur dix est en situation d’illettrisme. Ces personnes ne sont pas “bêtes” ni “paresseuses” : elles n’ont jamais eu l’occasion d’apprendre à lire et écrire correctement, souvent pour des raisons liées à un parcours scolaire interrompu, à la pauvreté ou à un contexte familial difficile.
Résultat : elles développent des stratégies de survie. Retenir des codes, reconnaître des logos, reproduire des gestes appris… Mais dès qu’il faut lire une phrase, remplir un formulaire ou interagir avec une machine, elles se retrouvent bloquées.
Avec la généralisation des services dématérialisés (banques, administrations, transports, soins de santé), ceux qui ne savent pas lire ou qui maîtrisent mal l’écrit se retrouvent de plus en plus exclus du numérique.
Cette dépendance peut mener à des situations humiliantes, mais aussi dangereuses, car des personnes mal intentionnées peuvent profiter de cette vulnérabilité.
Le défi n’est pas seulement technologique, il est avant tout humain et éducatif.
Un distributeur de billets n’est pas qu’une machine : il est le reflet d’une société qui suppose que tout le monde sait lire. Or, ce n’est pas le cas. Derrière chaque écran, il y a des citoyens laissés de côté, pour qui la fracture numérique commence par la fracture des mots.
Saad van Nassouwe est un pseudonyme éditorial utilisé pour les contenus publiés sur belge.media.
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