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En France et en Belgique, les actes antisémites explosent : insultes, agressions, vandalisme, attaques terroristes. Comme un écho aux années 30, une nouvelle « chasse aux Juifs » semble se dessiner en Europe.
Depuis quelques années, et plus encore depuis la guerre entre Israël et le Hamas en octobre 2023, l’Europe connaît une recrudescence inquiétante d’actes antisémites. En France comme en Belgique, les Juifs deviennent à nouveau des cibles privilégiées. Propos de haine, vandalisme, agressions, voire attaques terroristes : les signaux rappellent de sombres heures de l’histoire.
En France, les chiffres parlent d’eux-mêmes : plus de 1 600 actes antisémites recensés en 2023, contre 436 l’année précédente. Le climat de haine a franchi un cap.
Cette situation s’explique par plusieurs facteurs : l’importation du conflit israélo-palestinien dans les débats français, la forte population d’origine algérienne et maghrébine parfois exposée à des discours radicaux, et une complaisance idéologique de certaines franges de la gauche radicale.
En Belgique, les actes antisémites sont moins médiatisés mais en forte hausse. L’institution Unia a recensé près de 91 signalements en deux mois seulement (octobre-décembre 2023), alors qu’il y en avait 57 pour toute l’année 2022.
Si la situation semble moins explosive qu’en France, le risque est bel et bien présent. Les synagogues et écoles juives en Belgique vivent désormais sous haute surveillance.
Le 2 octobre 2025, une attaque devant une synagogue de Manchester a rappelé que le phénomène dépasse les frontières nationales : deux morts, plusieurs blessés, un suspect abattu par la police. Cet acte, reconnu comme terroriste, s’inscrit dans une vague européenne où les Juifs sont redevenus des cibles désignées.
Ce climat de haine réactive une mémoire douloureuse. Les générations juives d’Europe gardent encore en héritage les souvenirs des rafles, de Vichy, de la Shoah. L’expression « chasse aux Juifs » semblait appartenir au passé. Elle revient aujourd’hui dans la bouche de ceux qui constatent cette banalisation inquiétante de la haine.
La question est désormais politique : les démocraties européennes vont-elles protéger efficacement leurs citoyens juifs ? Ou bien céderont-elles à la peur et aux calculs électoralistes, en fermant les yeux sur la montée d’un antisémitisme porté par des idéologies islamistes et parfois relayées par l’extrême gauche ?
Le choix est crucial : défendre une minorité menacée, c’est défendre l’État de droit tout entier. Laisser la haine se banaliser, c’est ouvrir la porte à de nouvelles fractures.
Saad van Nassouwe est un pseudonyme éditorial utilisé pour les contenus publiés sur belge.media.
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