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La librairie Filigranes a annulé la venue de Raphaël Enthoven, qui devait présenter L’Albatros, un récit intime sur sa mère. Officiellement pour des raisons de sécurité face à des menaces islamistes, cet épisode illustre la peur qui étouffe le débat d’idées.
Le 30 septembre 2025, la plus grande librairie de Bruxelles, Filigranes, devait accueillir le philosophe et écrivain français Raphaël Enthoven.
Contrairement à ce que certains pouvaient penser, il ne venait pas présenter un pamphlet politique, mais un récit personnel : L’Albatros, un livre bouleversant consacré à la fin de vie de sa mère, Catherine David, romancière et critique littéraire disparue en 2023 après un long combat contre la maladie de Parkinson.
La rencontre devait être un moment d’échange autour de la mémoire, de la filiation et du deuil.
Quelques jours avant l’événement, Filigranes a annoncé l’annulation de la rencontre.
La direction a justifié ce choix en invoquant des « mobilisations hostiles » et des risques pour la sécurité. Elle a souligné que la conférence ne devait pas être « placée sous protection policière » pour pouvoir avoir lieu.
En clair : la crainte de débordements liés aux positions passées d’Enthoven sur l’islamisme a suffi à réduire au silence un débat… qui ne portait même pas sur ce sujet.
Ce qui choque dans cette affaire, c’est la mécanique :
On assiste là à une stratégie bien connue : assimiler toute critique de l’islamisme à une attaque contre « les musulmans », puis transformer cette confusion en prétexte pour museler les voix critiques.
Le rachat récent de Filigranes par l’entrepreneur bruxellois Mehmet Sandurac, d’origine turque, a suscité des spéculations sur ses motivations. Mais l’essentiel est ailleurs :
Ce n’est pas Enthoven qui est censuré : c’est la société entière qui accepte de plier devant la peur islamiste.
Au-delà du cas Enthoven, cette affaire pose une question fondamentale :
👉 Peut-on encore critiquer l’islamisme sans risquer la censure ou la violence, même lorsqu’on ne parle pas de religion ?
Si la réponse est non, alors nous vivons un tournant inquiétant où la menace remplace l’argument, et où la liberté intellectuelle recule face à l’intimidation.
Saad van Nassouwe est un pseudonyme éditorial utilisé pour les contenus publiés sur belge.media.
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