Laurent Louis : de la politique belge aux controverses sur OneCoin et OmegaPro
Ancien député belge, Laurent Louis a promu OneCoin et apparaît dans des controverses autour d'OmegaPro. Retour sur son…
Condamné à 17 ans, Grégory Lenoci fait appel. Une cagnotte proche de 100 000 € est fermée et Laurent Louis intervient dans sa défense.
Condamné à 17 ans de prison pour tentative d’assassinat, Grégory Lenoci a fait appel. Mais depuis son jugement, l’affaire a pris une nouvelle dimension : changement d’avocat après l’intervention de l’ancien député Laurent Louis, collecte de dons approchant les 100 000 euros, interrogations autour d’une association et fermeture soudaine de la cagnotte. Que sait-on réellement au 21 octobre 2026 ?
En août dernier, l’affaire Grégory Lenoci avait provoqué une importante mobilisation sur les réseaux sociaux.
Pour certains internautes, cet homme était devenu le symbole d’un père ayant voulu protéger son beau-fils face à un voisin soupçonné d’agressions sexuelles.
Mais derrière cette image de justicier se trouvait un passé judiciaire déjà marqué par plusieurs condamnations pour violences et infractions à la législation sur les stupéfiants.
Dans notre précédent article, « Qui est réellement Grégory Lenoci, l’homme que certains présentent aujourd’hui comme un héros ? », nous avions retracé ce parcours.
Depuis, de nouveaux éléments sont apparus. Et cette fois, les interrogations ne concernent plus seulement les violences commises en juillet 2025, mais également la défense judiciaire de Lenoci et l’argent récolté auprès de ses soutiens.
Le 20 août 2026, le tribunal correctionnel de Namur condamne Grégory Lenoci à 17 ans de prison pour tentative d’assassinat.
La victime, Marc P., avait été violemment agressée le 24 juillet 2025. Lenoci le soupçonnait d’avoir commis des abus sexuels sur son beau-fils âgé de six ans.
Le tribunal retient notamment la préméditation et l’intention homicide.
Le 17 septembre 2026, son nouvel avocat, Me Michel Degrève, confirme officiellement que son client a interjeté appel.
L’enjeu est important : la défense entend contester la qualification de tentative d’assassinat, notamment en discutant l’intention de tuer et la préméditation.
La cour d’appel devra donc réexaminer le dossier.
La condamnation de première instance existe bien, mais la procédure judiciaire n’est pas définitivement terminée.
À la date du 21 octobre 2026, aucun arrêt définitif rendu en appel n’a pu être confirmé dans les sources consultées.
Un autre événement attire l’attention dès le mois d’août.
Laurent Louis, ancien député fédéral belge, intervient publiquement dans l’affaire Lenoci.
Le 24 août, l’agence Belga rapporte que la famille a décidé de changer d’avocat après avoir été contactée par l’ancien parlementaire.
Me Étienne Gras, qui assurait jusque-là la défense de Lenoci, confirme son retrait du dossier.
Cette intervention suscite des réactions, notamment parce que Laurent Louis est lui-même une personnalité controversée de la vie politique belge.
Il convient toutefois de distinguer les responsabilités.
Laurent Louis n’est pas l’avocat de Grégory Lenoci. Le recours en appel a été introduit par Me Michel Degrève.
L’ancien député intervient dans la mobilisation et les discussions entourant la défense, mais les informations disponibles ne permettent pas de lui attribuer la direction juridique du dossier.
Parallèlement à la procédure judiciaire, une importante mobilisation financière s’organise autour de la famille Lenoci.
Des appels aux dons circulent sur les réseaux sociaux et des collectes sont hébergées sur la plateforme 4fund.
L’objectif annoncé est notamment d’aider les proches à faire face à leurs dépenses quotidiennes et à leurs difficultés financières.
La mobilisation prend une ampleur considérable.
En octobre 2026, la presse belge rapporte qu’une collecte de soutien a presque atteint les 100 000 euros.
Une somme qui témoigne de l’importance prise par cette affaire dans l’opinion publique.
Mais qui soulève également une question : comment ces fonds sont-ils gérés et comment les donateurs peuvent-ils en vérifier l’utilisation ?
Une page de collecte publiée sur 4fund au nom de Romuald Serre comporte une mise à jour datée du 7 septembre 2026.
L’organisateur y présente plusieurs dépenses réalisées grâce aux dons :
Soit 37 450 euros de dépenses annoncées.
Ces montants proviennent des déclarations publiées par l’organisateur. Ils ne constituent pas, à eux seuls, une vérification comptable indépendante.
Il faut également distinguer les différentes collectes ayant circulé autour de la famille Lenoci : les informations relatives à l’une ne permettent pas automatiquement d’établir les mouvements financiers d’une autre.
Le 25 septembre 2026, le journal L’Avenir publie une enquête consacrée à une structure présentée sous le nom de « La Voix des innocents ».
Cette organisation, associée à la mobilisation autour de Lenoci, se présente comme engagée dans la défense de femmes et d’enfants victimes de violences.
Mais selon les vérifications rapportées par le journal, elle ne possède pas d’existence juridique identifiable en tant qu’ASBL belge.
Elle ne figure pas dans les registres officiels consultés.
Le quotidien évoque également les antécédents judiciaires de certaines personnes présentées comme liées à cette structure.
Ces révélations suscitent des interrogations sur son organisation, ses responsables et sa transparence.
Toutefois, l’absence de statut juridique vérifiable d’une association ne démontre pas, à elle seule, un détournement de fonds.
Il reste indispensable d’établir qui a effectivement encaissé les dons, sur quels comptes et à quelles fins.
C’est le rebondissement le plus récent.
Le 16 octobre 2026, plusieurs médias belges rapportent que la cagnotte de soutien ayant approché les 100 000 euros n’est plus accessible publiquement.
Les donateurs perdent ainsi la possibilité de consulter normalement la page et de suivre les informations qui y étaient publiées.
La disparition de cette collecte intervient alors que sa gestion faisait déjà l’objet de questions dans la presse.
Une précision importante apparaît toutefois dans les informations publiées par Sudinfo : selon la plateforme 4fund, la fermeture aurait été effectuée à la demande de l’organisateur.
Cette information change sensiblement la manière d’interpréter les événements.
Il ne s’agit donc pas nécessairement d’une suppression décidée unilatéralement par la plateforme à la suite d’une fraude constatée.
Et surtout, la disparition d’une page Internet ne signifie pas que les 100 000 euros ont disparu.
À ce stade, les informations publiques consultées ne permettent pas de déterminer avec certitude le montant total effectivement versé aux bénéficiaires, les sommes encore disponibles ni l’utilisation finale de l’ensemble des dons.
La présence de Laurent Louis autour de la défense de Grégory Lenoci ajoute une dimension médiatique à cette affaire.
Son intervention dans le changement d’avocat est documentée.
En revanche, les éléments consultés ne permettent pas d’établir qu’il aurait administré la cagnotte concernée, encaissé les dons ou participé à une éventuelle irrégularité financière.
Il serait donc incorrect de lui attribuer une responsabilité dans la gestion de cet argent sans preuves supplémentaires.
Son rôle public dans la mobilisation autour de Lenoci mérite d’être distingué des responsabilités financières des organisateurs de collectes.
Au-delà des personnalités impliquées, une question demeure : que deviennent les dons lorsqu’une collecte publique de cette importance cesse d’être accessible ?
Donner de l’argent à une famille confrontée à une situation difficile constitue une démarche volontaire de solidarité.
Mais cette solidarité n’exclut pas la nécessité d’une information claire.
Les donateurs peuvent légitimement vouloir connaître l’identité du responsable de la collecte, les objectifs annoncés, les sommes effectivement reçues et les dépenses réalisées.
Il ne s’agit pas de présumer une escroquerie.
Il s’agit de rappeler qu’une mobilisation financière de près de 100 000 euros mérite une transparence proportionnée à son importance.
La publication de justificatifs ou d’un bilan financier vérifiable permettrait notamment de répondre à plusieurs interrogations apparues depuis la fermeture de la page.
L’affaire Grégory Lenoci dépasse désormais largement le cadre d’un procès pour violences.
Elle montre comment une affaire criminelle peut se transformer en mouvement de soutien sur les réseaux sociaux, attirer des personnalités publiques et générer des collectes financières importantes.
Elle pose également une question plus générale : jusqu’où peut aller la solidarité envers une personne condamnée en première instance, et comment garantir que les dons recueillis au nom de sa famille soient gérés avec transparence ?
Deux réalités doivent rester distinctes.
D’un côté, Grégory Lenoci bénéficie du droit de contester sa condamnation devant une juridiction supérieure.
De l’autre, les personnes ayant organisé les collectes doivent pouvoir répondre aux interrogations légitimes sur l’utilisation des sommes recueillies.
Au 21 octobre 2026, deux questions restent donc ouvertes : quelle sera l’issue de l’appel judiciaire et quel bilan financier complet pourra être présenté aux donateurs ?
Ce sont les réponses à ces questions, et non les rumeurs circulant sur les réseaux sociaux, qui permettront de comprendre la suite de l’affaire.
Saad van Nassouwe est un pseudonyme éditorial utilisé pour les contenus publiés sur belge.media.
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