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L’attentat antisémite commis pendant Hanouka en Australie interroge la responsabilité idéologique de certains partis de gauche et d’extrême gauche en Belgique et en France face à la montée de la haine antijuive.
L’attentat antisémite survenu en Australie ne peut être relativisé ni contextualisé abusivement. Il a été commis pendant une célébration de Hanouka, fête juive symbolisant la résistance face aux persécutions et la survie d’un peuple à travers l’Histoire. Ce choix du moment exclut toute interprétation opportuniste : l’attaque visait explicitement une communauté juive dans un cadre religieux et festif.
Frapper des civils réunis pour célébrer Hanouka, c’est s’en prendre à une identité, à une mémoire et à une continuité historique. C’est un acte idéologique, pas un simple fait divers.
Comme après chaque attentat antisémite, les réactions politiques ont été immédiates. En Belgique comme en France, des partis de gauche et d’extrême gauche ont exprimé leur indignation et affirmé ne tolérer aucune forme de haine antijuive. Sur le plan moral, ces déclarations sont attendues. Sur le plan politique, elles sont largement insuffisantes.
Car ces mêmes partis refusent presque systématiquement d’interroger leurs propres discours, leurs alliances idéologiques et leurs ambiguïtés sémantiques. La condamnation intervient après le drame, jamais avant, jamais sur le terrain des idées.
En Europe occidentale, et particulièrement en Belgique et en France, l’antisémitisme n’est plus uniquement le fait de groupuscules d’extrême droite. Cette réalité dérange, car elle contredit des décennies de récits politiques confortables.
Une partie de la gauche radicale et de l’extrême gauche a progressivement intégré un discours où l’antisémitisme est dilué dans un antisionisme radical, émotionnel et déshistoricisé. La critique légitime de la politique israélienne se transforme alors en mise en accusation globale des Juifs, perçus comme un bloc homogène, responsable collectif d’un conflit présenté de manière manichéenne.
Ce glissement n’est pas accidentel. Il est toléré, parfois encouragé, au nom de causes jugées moralement supérieures.
La Belgique constitue un cas emblématique. On y observe une complaisance inquiétante de certaines forces politiques de gauche face à des discours et des slogans qui franchissent clairement la ligne rouge de l’antisémitisme. La peur d’être accusé d’« islamophobie » ou de trahir un électorat ciblé conduit à une paralysie morale.
Des actes antisémites, parfois violents, sont régulièrement minimisés, requalifiés ou replacés dans des cadres explicatifs qui déresponsabilisent leurs auteurs. Cette attitude crée un sentiment d’abandon chez les citoyens juifs et alimente l’idée que certaines haines seraient plus acceptables que d’autres.
En France, le phénomène est similaire, bien que plus visible médiatiquement. La France insoumise incarne cette dérive idéologique où l’universalisme républicain est remplacé par une lecture communautaire et conflictuelle du monde. Les ambiguïtés répétées sur l’antisémitisme, les polémiques à répétition et le refus de tracer des lignes claires ont contribué à banaliser un climat délétère.
Dans ce contexte, l’antisémitisme n’est plus combattu frontalement lorsqu’il émane de milieux jugés « dominés » ou « opprimés ». Cette hiérarchisation morale des haines est l’un des marqueurs les plus dangereux de la période actuelle.
Aucun parti politique n’appelle explicitement à la violence. Mais l’histoire montre que les passages à l’acte naissent toujours dans un environnement où la déshumanisation symbolique a été normalisée. Lorsque des discours politiques répètent qu’un groupe incarne le mal absolu, la violence devient, pour certains esprits fragiles ou radicalisés, une réponse légitime.
L’attentat commis pendant Hanouka en Australie n’est pas un accident isolé. Il s’inscrit dans une dynamique globale où la parole précède toujours l’acte.
La Belgique et la France cumulent des facteurs de vulnérabilité : tensions communautaires, polarisation politique, réseaux sociaux amplificateurs de haine et perte de repères historiques. Importer des conflits étrangers sans cadre rationnel ni responsabilité politique revient à fragiliser encore davantage la cohésion sociale.
Refuser de nommer l’antisémitisme lorsqu’il vient de son propre camp idéologique, c’est accepter qu’il prospère.
Condamner un attentat antisémite commis pendant Hanouka est indispensable. Mais le véritable courage politique consiste à regarder en face les dérives idéologiques qui nourrissent ce climat. Tant que certaines forces de gauche et d’extrême gauche continueront à nier leur part de responsabilité symbolique, les condamnations resteront des gestes creux.
Comprendre le monde n’empêchera peut-être pas tous les drames. Mais refuser de le comprendre, c’est contribuer à leur répétition.
Saad van Nassouwe est un pseudonyme éditorial utilisé pour les contenus publiés sur belge.media.
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