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À l’ULB, à Liège et ailleurs, les universités belges ne sont plus des sanctuaires neutres du savoir. Sous couvert de progressisme, elles deviennent des espaces d’influence idéologique où le militantisme pro-palestinien et religieux prend le pas sur la raison critique.
L’université belge s’est longtemps définie comme le temple du libre examen, c’est-à-dire la liberté de penser sans dogme ni autorité religieuse. Ce principe fondateur, né dans les universités libérales comme l’ULB, garantissait la neutralité du savoir et la primauté de la raison sur la croyance.
Mais depuis une dizaine d’années, un glissement s’opère. Sous l’effet du militantisme identitaire et des luttes dites “décoloniales”, l’université s’éloigne de cette neutralité. Les campus deviennent le théâtre d’un activisme émotionnel, souvent aligné sur les positions pro-palestiniennes, où l’islam politique trouve un terrain favorable.
Les universités, censées être des lieux de débat et de savoir, se transforment en chambres d’écho idéologiques. À l’ULB comme à l’Université de Liège, des groupes étudiants organisent régulièrement des campagnes d’affichage, des conférences biaisées ou des boycotts d’intervenants jugés “islamophobes”.
La nuance disparaît, le débat s’étouffe, et toute critique du communautarisme ou du radicalisme religieux devient taboue.
Certains enseignants, par peur d’être stigmatisés, adoptent la ligne la plus sûre : se taire ou suivre le courant. La recherche académique cède alors le pas à la militance, la raison au dogme.
Le phénomène ne se limite pas à la politique étrangère. Dans plusieurs campus, des revendications religieuses prennent racine : demandes de salles de prière, refus de participer à certains cours, pression sur les étudiantes qui ne portent pas le voile…
Ce climat crée une forme de censure sociale où la liberté de conscience s’inverse : ceux qui veulent rester neutres ou laïques doivent se justifier.
À l’ULB, bastion historique du rationalisme, ce paradoxe est criant. Comment une université née de la lutte contre le cléricalisme en arrive-t-elle à tolérer, voire à encourager, un nouveau dogmatisme religieux ?
Depuis la guerre à Gaza, le discours pro-palestinien s’est imposé sur les campus. Les drapeaux, sit-in et appels au boycott d’Israël se multiplient, souvent sans réelle connaissance du conflit.
Le problème n’est pas la compassion pour les civils palestiniens — elle est légitime —, mais la confusion entre solidarité humanitaire et militantisme idéologique.
Ce glissement alimente un climat où l’antisémitisme renaît sous couvert d’antisionisme, et où l’islam politique trouve une légitimation intellectuelle dans les amphithéâtres.
Il est urgent que les universités belges renouent avec leur mission première : former des esprits libres, pas des militants.
La liberté académique ne signifie pas tolérer toutes les dérives. Elle implique au contraire de défendre la pensée critique contre les pressions religieuses, communautaires ou politiques.
Sans cela, les universités risquent de devenir les laboratoires d’une soumission idéologique incompatible avec les valeurs du savoir et de la démocratie.
Saad van Nassouwe est un pseudonyme éditorial utilisé pour les contenus publiés sur belge.media.
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