Les jeunes rejettent-ils l’intelligence artificielle ou le monde du travail qu’elle prépare ?
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L’affaire Carol Zanin révèle une dérive inquiétante : la CSC et la FGTB auraient envoyé de faux messages d’exclusion du chômage pour mobiliser avant les grèves nationales. Quand la défense du travail devient propagande de peur.
Ce qui devait être un simple message administratif a viré à la panique.
Carol Zanin, pigiste liégeoise active dans l’audiovisuel, reçoit un mail de la CSC lui annonçant son exclusion du chômage dès le 1ᵉʳ janvier 2026. En quelques lignes, c’est tout son équilibre financier et professionnel qui vacille.
Mais après vérification auprès de l’ONEM, elle découvre… qu’il s’agit d’une erreur. Pire encore : d’une campagne massive de désinformation menée par les syndicats eux-mêmes.
« Je tombe des nues », explique Carol dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux.
« Je relis les conditions sur le site de l’ONEM, tout est en ordre. Et quand je téléphone, une dame très gentille me dit : Madame, on est assaillis d’appels parce que les syndicats ont envoyé à leurs affiliés des mails leur certifiant qu’ils allaient être exclus du chômage. »
Selon cette employée de l’ONEM, les messages alarmistes de la CSC et de la FGTB auraient été diffusés juste avant les grèves nationales prévues les 24, 25 et 26 novembre. Objectif : mobiliser par la peur.
C’est là que le scandale prend une dimension politique.
Les syndicats, historiquement garants des droits des travailleurs, utilisent désormais la menace sociale pour ranimer une base démobilisée. La méthode est connue : provoquer l’inquiétude pour provoquer la colère, puis la colère pour provoquer la mobilisation.
Mais cette fois, le stratagème dépasse la ligne rouge.
Faire croire à une exclusion imminente du chômage à des milliers d’affiliés, c’est jouer avec la stabilité psychologique de personnes souvent déjà précarisées.
C’est transformer la défense sociale en propagande émotionnelle.
En Belgique, les syndicats gèrent une partie des allocations de chômage via leurs caisses de paiement. Ils détiennent donc des informations sensibles et jouissent d’une autorité morale et administrative auprès de leurs membres.
Quand cette position est utilisée pour diffuser un message faux, la conséquence est grave : l’ONEM perd en crédibilité, et le citoyen ne sait plus à qui se fier.
Cette confusion entre information syndicale et communication politique nuit à tout le système de sécurité sociale.
Et c’est là le paradoxe : en cherchant à défendre le modèle social, les syndicats risquent de le détruire de l’intérieur.
La CSC et la FGTB continuent à raisonner selon une vision industrielle du travail — celle des grandes usines et du salariat collectif. Mais la réalité du XXIᵉ siècle, c’est une économie fragmentée : freelances, intermittents, pigistes, auto-entrepreneurs… tous ces travailleurs hybrides ne se reconnaissent plus dans les postures idéologiques d’un autre temps.
Au lieu de s’adapter, les grandes centrales semblent s’accrocher à des réflexes d’antan : slogans, luttes de classes, discours alarmistes.
Le résultat, c’est une fracture croissante entre les syndicats et les nouvelles formes de travail.
L’affaire Carol Zanin n’est peut-être que la pointe émergée d’un iceberg.
Si les faits se confirment, il s’agira d’un abus de confiance collectif.
Et dans une démocratie moderne, cela pose une question essentielle :
Qui contrôle ceux qui prétendent nous protéger ?
Les syndicats ont façonné la Belgique sociale, mais leur crédibilité repose sur la vérité et la transparence.
Instrumentaliser la peur pour faire descendre les gens dans la rue, c’est renier ce qu’ils sont censés défendre : la dignité du travailleur.
Saad van Nassouwe est un pseudonyme éditorial utilisé pour les contenus publiés sur belge.media.
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