Les jeunes rejettent-ils l’intelligence artificielle ou le monde du travail qu’elle prépare ?
Alors que les entreprises investissent massivement dans l’intelligence artificielle, une partie des jeunes travailleurs semble plus méfiante que…
Les fausses publicités crypto se multiplient, utilisant des visages connus pour tromper. Repérer et signaler ces deepfakes n’est plus seulement un réflexe : c’est un devoir citoyen à l’ère numérique.
Une vidéo RTL, un visage familier, un ton professionnel… et derrière, une arnaque.
Depuis plusieurs mois, des publicités deepfake circulent en Belgique sur Facebook et d’autres plateformes, mettant en scène des personnalités politiques comme Georges-Louis Bouchez, Paul Magnette ou même le roi Philippe, vantant de prétendus investissements miracles.
Ces vidéos, générées par intelligence artificielle, sont d’une qualité redoutable : voix naturelles, mouvements crédibles, décors copiés d’émissions réelles.
Ces manipulations ne visent qu’un seul objectif : faire croire à une opportunité financière sûre et rapide, souvent liée à la cryptomonnaie ou à des plateformes d’investissement douteuses.
Il y a encore un an, les deepfakes laissaient des traces :
des visages figés, des clignements d’yeux étranges, ou des erreurs visuelles comme des mains à six doigts.
Mais depuis l’arrivée de nouvelles IA comme Sora, Runway Gen-3 ou Pika, la frontière entre le vrai et le faux a pratiquement disparu.
Les visages sont expressifs, les voix réalistes, les tons émotionnels parfaitement calibrés.
Les escrocs n’ont même plus besoin de manipuler toute la vidéo : il leur suffit de modifier quelques secondes d’un vrai extrait télévisé pour donner une illusion parfaite.
La force d’un deepfake repose sur la psychologie de la confiance :
Les escrocs ciblent ainsi les personnes âgées, isolées, ou en difficulté financière, plus sensibles à la promesse d’un “revenu passif facile”.
Et à force d’en voir, beaucoup finissent par ne plus douter.
Les plateformes comme Facebook ou YouTube ne suffisent plus à détecter toutes ces fraudes.
Leurs algorithmes sont saturés, et beaucoup de publicités passent entre les mailles du filet.
Dès lors, le citoyen lucide devient le dernier filtre.
Ceux qui reconnaissent les faux doivent agir — non pas par militantisme, mais par solidarité.
Signaler une publicité frauduleuse, c’est protéger les plus vulnérables avant qu’ils ne tombent dans le piège.
Le geste est simple, mais il peut tout changer :
1️⃣ Cliquez sur les trois points en haut à droite de la publicité.
2️⃣ Sélectionnez “Signaler la publicité”.
3️⃣ Choisissez “Arnaque ou usurpation d’identité”.
4️⃣ Indiquez le nom de la personne ou de la page usurpée.
5️⃣ Confirmez le signalement.




Chaque signalement réduit la visibilité de la fausse publicité dans l’algorithme et augmente les chances de suppression rapide. C’est un acte de civisme numérique à la portée de tous.
Beaucoup repèrent les arnaques, mais ne les signalent pas.
Par lassitude, par indifférence, ou simplement parce qu’ils se disent : “Quelqu’un d’autre le fera.”
C’est ce que les psychologues appellent la fatigue de la vigilance : un relâchement collectif face à la manipulation constante.
Or, l’inaction nourrit la fraude.
Chaque non-signalement laisse la publicité active plus longtemps.
Et pendant ce temps, des victimes tombent.
Savoir reconnaître un deepfake, ce n’est pas qu’une question de technique — c’est aussi une discipline émotionnelle.
Il faut apprendre à douter de ses émotions :
Alors il faut ralentir, vérifier, réfléchir.
C’est le nouveau réflexe citoyen du XXIe siècle.
Dans un monde où la vérité peut être générée par algorithme, la lucidité devient un devoir collectif.
Chaque citoyen capable de repérer un deepfake détient un pouvoir immense : celui d’empêcher une arnaque avant qu’elle ne frappe.
Signaler, ce n’est pas dénoncer. C’est protéger.
Protéger ceux qui ne voient pas le faux, et préserver un espace numérique où la vérité a encore une chance d’exister.
Saad van Nassouwe est un pseudonyme éditorial utilisé pour les contenus publiés sur belge.media.
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