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Beaucoup affirment qu’Israël a intercepté la flottille en « eaux internationales », donc illégalement. C’est faux : dans le cadre d’un blocus déclaré, le droit maritime autorise les interceptions en haute mer. Décryptage.
Depuis des années, chaque nouvelle tentative de flottille vers Gaza relance le même refrain : « Israël a intercepté des navires en eaux internationales, donc c’est illégal ». Cet argument, répété par certains militants et même des responsables politiques européens, repose sur une méconnaissance profonde du droit maritime en temps de conflit armé.
En principe, au-delà des 12 milles nautiques des côtes, on parle bien de haute mer ou d’eaux internationales. C’est un espace de libre circulation où aucun État ne peut revendiquer de souveraineté directe. Intercepter un navire étranger y est interdit, sauf en cas de piraterie, de trafic d’armes ou d’accord international.
Mais en temps de conflit, le droit des conflits armés en mer (San Remo Manual, 1994) prévoit une exception :
Cela signifie que lorsqu’un blocus est en vigueur, un navire qui cherche à le franchir peut être sommé de dévier, puis intercepté et dérouté, même loin des côtes.
Après l’affaire du Mavi Marmara (2010), un panel d’experts mandatés par l’ONU a reconnu que le blocus naval imposé par Israël à Gaza était légal en principe, et que son application en haute mer n’était pas en soi contraire au droit international. Le rapport critiquait en revanche l’usage disproportionné de la force.
D’autres organes de l’ONU, plus axés sur les droits humains, ont contesté cette conclusion, estimant que le blocus constituait une forme de punition collective. Mais juridiquement, la possibilité d’intercepter en haute mer dans le cadre d’un blocus reste reconnue.
En octobre 2025, la marine israélienne a intercepté la « Global Sumud Flotilla » à environ 70 milles nautiques de Gaza. Les navires ont été sommés à plusieurs reprises de faire demi-tour ou de rejoindre le port d’Ashdod pour inspection et acheminement de l’aide. Les organisateurs ayant refusé, ils ont été arraisonnés.
Contrairement à ce qu’affirment certains mouvements politiques européens, il ne s’agissait pas d’une interception arbitraire en eaux internationales : c’était l’application d’un blocus militaire déclaré.
Fait marquant, plusieurs passagers ont jeté leurs téléphones à l’eau avant l’arraisonnement. Un geste surprenant, puisque les données peuvent être récupérées via les services de cloud (iCloud, Google Drive…). Cela pose question : pourquoi se priver volontairement de la « preuve » de leur mission humanitaire ? Pour beaucoup, cela suggère l’existence d’informations compromettantes ou d’une volonté d’effacer des échanges sensibles.
Parmi les passagers, on retrouvait des « récidivistes » : Greta Thunberg et l’eurodéputée Rima Hassan. Cette dernière avait déjà participé à une flottille précédente et a été signalée comme « barred from Israel » par la presse internationale, ce qui signifie qu’elle faisait déjà l’objet de restrictions d’accès. Leur présence récurrente souligne que ces opérations sont autant politiques et militantes qu’humanitaires.
Dire que « l’interception en eaux internationales est illégale » est faux. Le droit de la guerre maritime permet à un État qui impose un blocus déclaré et effectif d’intercepter tout navire qui tente de le briser, y compris en haute mer. Le vrai débat n’est pas juridique mais politique et humanitaire : faut-il maintenir un blocus sur Gaza, et à quel prix ?
Mais sur le plan du droit pur, Israël avait toute légitimité à intercepter la flottille de 2025 comme celles qui l’avaient précédée.
Saad van Nassouwe est un pseudonyme éditorial utilisé pour les contenus publiés sur belge.media.
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