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Au Venezuela, une partie de la population espère la fin d’un régime autoritaire. En Belgique et en France, certains partis d’extrême gauche manifestent pourtant pour défendre ce pouvoir contesté. Un paradoxe révélateur.
Depuis plusieurs années, le Venezuela traverse une crise politique, économique et sociale majeure. Inflation extrême, pénuries, exode massif, répression politique : pour une grande partie de la population, le quotidien est devenu invivable.
À chaque affaiblissement du régime de Nicolás Maduro, à chaque remise en cause internationale de sa légitimité, un même réflexe apparaît sur place : de l’espoir. Parfois discret, parfois visible dans la rue, parfois exprimé par des rassemblements ou des célébrations spontanées. Non pas par amour des États-Unis ou d’un dirigeant étranger, mais par rejet d’un pouvoir perçu comme autoritaire et verrouillé.
Pendant ce temps, en Belgique et en France, la réaction de certains partis d’extrême gauche surprend, voire choque.
Le PTB et La France insoumise ont multiplié les prises de position dénonçant avant tout l’ingérence américaine, allant jusqu’à relativiser ou minimiser la nature dictatoriale du régime vénézuélien.
Au lieu de se réjouir :
ces partis privilégient les manifestations, les grèves et les discours idéologiques… contre ce changement.
Le cœur du problème est là.
Pour une partie de l’extrême gauche européenne, la grille de lecture reste binaire :
Dans ce schéma, la réalité vécue par les populations locales devient secondaire. Les Vénézuéliens ne sont plus des citoyens en quête de liberté, mais des figurants d’un récit idéologique importé d’Europe.
C’est un renversement troublant :
Cette posture révèle une déconnexion profonde. Défendre un régime autoritaire au nom de l’anti-impérialisme, c’est oublier que les premières victimes sont toujours les populations locales.
La critique des États-Unis est légitime.
La critique du capitalisme l’est aussi.
Mais elles ne peuvent pas servir d’excuse pour fermer les yeux sur une dictature.
Le Venezuela met en lumière un malaise plus large en Europe :
à force de penser en blocs idéologiques, certains partis en viennent à parler au nom des peuples… contre ce que ces peuples expriment réellement.
Écouter les populations concernées devrait être le point de départ de toute solidarité internationale.
Sinon, il ne s’agit plus de défendre les opprimés, mais de protéger une idéologie, coûte que coûte.
Saad van Nassouwe est un pseudonyme éditorial utilisé pour les contenus publiés sur belge.media.
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