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Le projet migration.be, censé lutter contre les fake news sur l’asile, a englouti 500 000 € d’argent public sans jamais voir le jour. Enquête sur une gabegie numérique symptomatique de l’administration belge.
Le projet migration.be, lancé en 2022 sous la législature de Sammy Mahdi (CD&V), devait devenir une plateforme fédérale pour informer le public et contrer les fausses nouvelles sur la politique d’asile.
Mais après trois ans, plusieurs marchés publics et un demi-million d’euros dépensés, le site n’a jamais été mis en ligne.
Aujourd’hui, le domaine migration.be existe bien — il est enregistré — mais il ne pointe vers aucun serveur, aucun contenu, aucune infrastructure active.
En d’autres termes : le projet a bel et bien existé sur le papier, mais jamais sur Internet.
Selon la députée Francesca Van Belleghem (Vlaams Belang), environ 500 000 € auraient été dépensés pour la création de cette plateforme.
Un chiffre jugé “crédible” par plusieurs sources internes, mais impossible à justifier concrètement :
aucun code, aucun hébergement, aucun service en ligne.
Pourtant, un site institutionnel classique, même trilingue et sécurisé, ne coûte pas plus de 40 000 € en tout.
Un nom de domaine .be vaut 10 €, un hébergement à peine 100 €.
Alors où sont passés les 499 890 € restants ?
Probablement dans les études préalables, les comités de pilotage, les audits RGPD et les sous-traitances multiples : cette bureaucratie bien belge où chaque consultant facture, mais où rien ne sort.
Le fiasco de migration.be s’explique aussi par la succession politique confuse du portefeuille :
Le projet est donc un pur produit du gouvernement De Croo, cette coalition “Vivaldi” mêlant PS, MR, Ecolo, Open VLD, CD&V et Vooruit.
Autrement dit : tout le monde est responsable, mais personne n’assume.
Ce dossier illustre parfaitement le gouffre de compétences et de gestion dans les administrations belges.
Chaque gouvernement relance un “projet numérique ambitieux”, y met des consultants, des études, et finit par abandonner sans livrable.
Résultat : un demi-million d’euros disparus dans le cloud administratif, pendant que les services d’asile manquent cruellement de personnel.
La ministre actuelle dit vouloir “réaffecter les moyens vers le terrain”.
Mais en attendant, le citoyen belge peut toujours chercher migration.be — il ne trouvera qu’un nom de domaine vide, symbole d’un État qui code en rond.
Le nom de domaine migration.be est bien enregistré,
mais aucun DNS, aucun serveur web, aucune trace de déploiement.
Un simple WHOIS montre qu’il dort sur le registre DNS Belgium, sans hébergement actif.
Une preuve tangible que le projet n’a jamais dépassé le stade de la réservation.
“Migration.be” devait incarner la modernisation numérique de la politique migratoire belge.
Il restera comme le symbole d’une administration qui dépense sans livrer, d’une communication politique sans interface, et d’un gaspillage public à 500 000 euros.
Pendant que les demandeurs d’asile attendent, le site, lui, n’aura jamais existé.
Saad van Nassouwe est un pseudonyme éditorial utilisé pour les contenus publiés sur belge.media.
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