Affaire Di Rupo : une nouvelle casserole pour le PS ?
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Sous couvert d’antisionisme et de solidarité internationale, plusieurs partis de gauche en Europe ferment les yeux sur des dérives antisémites de leurs militants ou alliés communautaires. Une ambiguïté politique qui alimente la haine et affaiblit la République.
Depuis plusieurs années, une partie de la gauche européenne — en particulier en France et en Belgique — s’est engagée dans une dérive préoccupante. Sous couvert de lutte contre le colonialisme ou de défense des peuples opprimés, certains élus et militants glissent lentement vers une forme d’antisémitisme déguisé en antisionisme.
Le discours n’est plus “contre les Juifs”, mais “contre Israël”. Pourtant, dans les faits, la frontière s’efface de plus en plus.
Critiquer la politique israélienne est évidemment légitime dans un débat démocratique. Mais quand cette critique se transforme en obsession, quand on manifeste à côté de drapeaux du Hamas ou qu’on applaudit des slogans niant le droit d’Israël à exister, on quitte le terrain politique pour tomber dans la haine identitaire.
Ce glissement est devenu flagrant dans certaines manifestations récentes, où les slogans antisémites ont été couverts par des élus de gauche au nom de la “liberté d’expression” ou de la “colère populaire”.
Cette tolérance à géométrie variable révèle une hypocrisie morale : la même gauche qui prône la tolérance et la lutte contre le racisme reste muette quand la haine vise les Juifs.
Le cœur du problème est aussi électoral.
Dans plusieurs grandes villes européennes, la gauche dépend aujourd’hui du vote d’électeurs issus de l’immigration maghrébine ou moyen-orientale. Une partie d’entre eux se montre sensible à la cause palestinienne, parfois jusqu’à adopter des discours radicaux ou complotistes.
Par calcul, certains responsables politiques préfèrent détourner le regard. Ils pensent “gagner des voix” en laissant prospérer ces discours au sein de leurs rangs, quitte à sacrifier leurs valeurs républicaines.
C’est une stratégie court-termiste, qui nourrit un monstre politique : une gauche idéologiquement déstructurée, prisonnière de son électorat.
Historiquement, la gauche s’est toujours présentée comme le camp des opprimés. Mais depuis les années 1960, le rapport au monde a changé : Israël, jadis perçu comme une démocratie progressiste, est devenu, dans l’imaginaire post-colonial, “l’oppresseur occidental” face aux “opprimés arabes”.
Cette grille de lecture simpliste, héritée du tiers-mondisme et du marxisme, empêche toute nuance : les Juifs sont assimilés au pouvoir, à la finance, à l’impérialisme.
Et dans les réseaux militants, ces clichés se mêlent à un antisémitisme culturel qui n’ose pas dire son nom.
La gauche européenne, autrefois bastion de la laïcité et de la raison, est en train de trahir son propre héritage.
En fermant les yeux sur l’antisémitisme rampant dans ses rangs, elle affaiblit son combat contre l’extrême droite.
Pire : elle alimente le ressentiment, crée des fractures communautaires, et rend impossible toute réconciliation nationale.
Combattre le racisme, c’est aussi combattre l’antisémitisme.
Refuser de le faire par calcul électoral, c’est se rendre complice.
Si la gauche veut redevenir crédible, elle devra choisir entre ses valeurs universelles et ses alliances clientélistes.
Et il y a urgence : car à force de complaisance, elle risque de devenir ce qu’elle prétend combattre.
Saad van Nassouwe est un pseudonyme éditorial utilisé pour les contenus publiés sur belge.media.
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