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Ministre des Médias, Jacqueline Galant attaque la RTBF en la qualifiant de « gauchiste ». Une dérive idéologique inquiétante, incompatible avec les principes du libéralisme et de la liberté de la presse.
Lorsque Jacqueline Galant, ministre des Médias, qualifie publiquement la RTBF de « gauchiste », il ne s’agit pas d’une maladresse de communication ni d’un simple avis personnel.
Cette déclaration engage une fonction ministérielle censée garantir l’indépendance du service public audiovisuel.
À ce niveau de responsabilité, les mots ne sont jamais neutres. Ils créent un rapport de force, ils installent une suspicion idéologique et ils fragilisent un pilier fondamental de toute démocratie libérale : la liberté de la presse.
Se revendiquer libéral implique une cohérence. Le libéralisme politique repose sur des principes clairs :
– la séparation des pouvoirs
– l’indépendance des contre-pouvoirs
– la neutralité de l’État vis-à-vis de l’information
Attaquer un média public en bloc, sans faits précis, sans exemples documentés, en utilisant une qualification idéologique globale, relève d’une posture populiste, pas d’une critique libérale.
Le problème n’est pas de questionner la RTBF. Toute institution publique doit pouvoir être évaluée et critiquée.
Le problème est de le faire depuis une position de pouvoir, avec un vocabulaire qui rappelle davantage les réflexes autoritaires que la culture du débat démocratique.
Ce type de discours s’inscrit dans un registre bien connu :
– délégitimer les médias
– suggérer un biais idéologique systémique
– flatter une base électorale en désignant un ennemi culturel
Ce registre n’a rien de libéral. Il est historiquement associé à des courants illibéraux, souvent proches de l’extrême droite, où la presse est perçue comme un obstacle plutôt que comme un contre-pouvoir nécessaire.
Même lorsqu’il est formulé sans violence, ce discours installe une logique dangereuse : celle où l’exécutif se sent autorisé à juger l’orientation idéologique de l’information.
Jacqueline Galant avait déjà dû démissionner en 2016 de son poste de ministre fédérale de la Mobilité après avoir nié avoir eu connaissance d’un rapport européen critique sur la sécurité des aéroports, avant que les faits ne démontrent le contraire.
Ce précédent nourrit aujourd’hui une défiance accrue face à ses prises de position institutionnelles. Lorsqu’un responsable politique au passé marqué par des problèmes de gestion et de communication s’attaque à un média public, la question de la crédibilité devient centrale.
Un ministre peut avoir des opinions.
Mais un ministre des Médias ne peut pas se comporter comme un éditorialiste militant.
La fonction exige une retenue, une neutralité et une responsabilité particulières.
En franchissant cette ligne, Jacqueline Galant brouille volontairement la frontière entre critique politique et pression institutionnelle.
Ce n’est pas anodin. C’est précisément ainsi que commencent les dérives : non par la censure directe, mais par la stigmatisation idéologique.
Ce débat dépasse largement la personne de Jacqueline Galant. Il interroge la capacité de responsables politiques à respecter les principes qu’ils prétendent défendre.
Un libéralisme authentique protège les médias, même quand ils dérangent.
Il ne les attaque pas pour des raisons idéologiques.
À ce titre, les déclarations de la ministre des Médias constituent moins une bourde qu’un signal politique préoccupant pour la santé démocratique en Belgique francophone.
Saad van Nassouwe est un pseudonyme éditorial utilisé pour les contenus publiés sur belge.media.
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