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La France a façonné l’Europe, mais son héritage révolutionnaire et idéologique pèse-t-il aujourd’hui sur la construction européenne ? Analyse historique et politique d’un malaise continental.
Dire que « le problème de l’Europe, c’est la France » semble excessif, voire provocateur.
Pourtant, cette affirmation renvoie à une réalité historique et culturelle rarement abordée sans passion. Il ne s’agit pas de désigner un ennemi, mais d’interroger un modèle politique et idéologique qui continue d’influencer profondément la construction européenne.
Avec l’exécution de Louis XVI, la France ne s’est pas contentée de changer de régime. Elle a instauré un principe inédit en Europe : la rupture totale avec la continuité historique. Là où la majorité des pays européens ont conservé leurs institutions en les adaptant, la France a sacralisé la table rase, la violence politique et la légitimité idéologique.
Cette rupture fondatrice a laissé une empreinte durable :
Dans la plupart des pays européens, la monarchie ou son héritage a joué un rôle stabilisateur :
La France, elle, reste marquée par une culture politique fondée sur la confrontation permanente et la défiance vis-à-vis de ses propres institutions.
L’Union européenne repose sur un principe fondamental : le compromis lent et pragmatique. Or, le logiciel politique français fonctionne à l’inverse :
Lorsque l’Europe ne va pas dans le sens souhaité par Paris, le récit est presque toujours le même : Bruxelles impose, l’Europe trahit, le libéralisme oppresse.
Ce discours masque souvent une difficulté plus profonde : accepter de ne plus être le centre du jeu.
Les pays européens qui s’en sortent le mieux aujourd’hui partagent plusieurs traits communs :
C’est particulièrement visible en Allemagne, aux Pays-Bas, dans les pays nordiques ou en Europe centrale. Ces États avancent sans grands récits révolutionnaires, mais avec une efficacité redoutable.
À l’inverse, l’exportation du modèle français à l’échelle européenne crée :
Le problème de la France réside dans son mythe fondateur révolutionnaire, toujours présenté comme universel et indépassable. Un mythe qui valorise la rupture, la contestation et la morale au détriment de la continuité, du compromis et de l’efficacité.
Dans un monde multipolaire, technologique et brutalement concurrentiel, ce modèle devient un handicap stratégique, non seulement pour la France, mais pour l’Europe entière.
L’Europe ne pourra se stabiliser durablement qu’en cessant de se penser à travers le prisme idéologique français. Cela ne signifie pas exclure la France, en revanche cesser d’imposer son récit historique comme modèle universel.
Paradoxalement, le jour où l’Europe prendra cette distance, la France elle-même pourrait enfin se réconcilier avec le réel, retrouver de la stabilité et redevenir un acteur fort, non plus par le discours, mais par l’action.
Saad van Nassouwe est un pseudonyme éditorial utilisé pour les contenus publiés sur belge.media.
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