Accueil Politiques François Schreuer et la dérive autoritaire du militantisme

François Schreuer et la dérive autoritaire du militantisme

Quand un responsable politique dépasse le débat d’idées et cherche à contrôler ce que le public peut voir lire et dire Analyse d’une dérive inquiétante pour la liberté d’expression et le pluralisme en Belgique

François Schreuer et la tentation autoritaire

Convaincre plutôt que contraindre

La démocratie repose sur un principe simple convaincre plutôt que contraindre Vous êtes libre de lire d’acheter de vendre ou d’ignorer une presse tant qu’elle est légale Ce cadre permet le pluralisme le désaccord et la coexistence pacifique d’opinions opposées Sans cette liberté il n’y a plus de débat mais une mise sous tutelle des esprits

Un débat public assumé sur Facebook

Le débat dont il est question n’est ni théorique ni académique Il a été lancé publiquement sur Facebook par François Schreuer à destination de sa communauté et assumé comme tel Ce point est essentiel car il ne s’agit pas d’une réflexion privée mais d’une prise de position d’un responsable politique suivie et relayée par des partisans

Agir sur la visibilité des idées

Dans ce message et dans les échanges qui ont suivi il ne s’agit plus seulement de critiquer une presse ou d’en dénoncer la ligne éditoriale L’idée avancée est d’agir concrètement sur la visibilité des journaux et des magazines de déplacer des titres dans les kiosques d’interpeller des libraires sur l’organisation de leurs rayons et de considérer certaines publications comme indignes d’être vues Ce n’est plus un débat d’idées c’est une volonté d’agir sur l’environnement culturel réel

Une ligne rouge démocratique franchie

Cette logique franchit une ligne rouge démocratique car elle ne cherche plus à convaincre le lecteur mais à orienter ce qu’il peut voir avant même qu’il choisisse Elle repose sur l’idée que le public serait trop influençable pour exercer son discernement et qu’il faudrait donc filtrer à sa place Ce paternalisme est incompatible avec une société libre

Le verrouillage assumé de la contradiction

Le problème devient encore plus évident à la fin du message lorsque François Schreuer précise qu’il bloquera systématiquement les commentaires négatifs émanant de personnes identifiées comme étant de droite Il ne s’agit pas de modération contre des insultes ou des propos illégaux mais d’une exclusion idéologique annoncée à l’avance Le débat est verrouillé par principe seuls les avis conformes sont autorisés à s’exprimer

De la discussion à la chambre d’écho

Lorsqu’un élu lance un débat politique encourage des comportements concrets dans l’espace public puis élimine toute contradiction idéologique on ne peut plus parler de discussion démocratique On est face à une chambre d’écho assumée où l’adhésion est tolérée mais où le désaccord est disqualifié

La pression sur les libraires

La pression morale exercée sur les libraires et les marchands de journaux pose un problème fondamental Un libraire n’est ni un militant ni un relais politique C’est un professionnel indépendant et un être humain avec ses convictions Il est normal et humain qu’il mette davantage en avant des publications qu’il supporte intellectuellement au quotidien Ce qui ne l’est pas c’est qu’un responsable politique ou ses partisans viennent lui expliquer ce qu’il devrait montrer ou cacher au nom d’une morale idéologique extérieure

Du politique à l’autoritaire

Ce glissement marque le passage de la politique vers autre chose Une logique où l’on ne débat plus avec le peuple mais où l’on prétend décider pour lui ce qu’il doit voir lire et entendre Une logique où la dissidence n’est plus une opinion mais une faute et où la sanction n’est plus judiciaire mais sociale et numérique blocage disqualification invisibilisation

Une référence historique qui éclaire le mécanisme

La référence historique choque mais elle éclaire le mécanisme Le goulag moderne n’est plus physique il est symbolique et numérique On n’enferme plus on exclut on fait taire on supprime l’accès au débat public au nom du bien et de la morale

Une question démocratique essentielle

Cet article ne vise pas à imposer une idéologie Il pose une question démocratique simple Un responsable politique peut il décider ce que le peuple peut voir lire et qui a le droit de répondre Tant que cette question n’a pas de réponse claire la vigilance s’impose

Protéger la démocratie

La démocratie ne se protège pas en contrôlant les vitrines ni en filtrant les voix Elle se protège par la liberté le pluralisme et l’acceptation du désaccord même lorsqu’il dérange

Saad van Nassouwe

Article écrit le 10 janvier 2026
Saad van Nassouwe

Saad van Nassouwe est un pseudonyme éditorial utilisé pour les contenus publiés sur belge.media.





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