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Bien avant l’invasion de 2022, la guerre en Ukraine a commencé dans le cyberespace. Drones, IA et sabotages numériques ont depuis transformé ce conflit en laboratoire de la guerre du XXIᵉ siècle.
La guerre en Ukraine est souvent racontée à partir du 24 février 2022. Pourtant, cette date ne marque pas le début du conflit, mais son basculement vers une phase visible et conventionnelle.
Dès 2014, la Russie engage une stratégie de guerre hybride contre l’Ukraine, combinant opérations militaires limitées, désinformation massive, sabotages numériques et cyberattaques ciblant les infrastructures critiques.
Ce conflit est devenu, au fil des années, le premier champ d’expérimentation grandeur nature de la guerre numérique, automatisée et pilotée par les données.
Dès l’annexion de la Crimée, l’Ukraine subit une vague coordonnée d’attaques informatiques visant les institutions publiques, les médias, les télécommunications et les systèmes militaires.
Entre 2015 et 2016, des cyberattaques russes provoquent les premières coupures d’électricité de l’histoire causées par des hackers, démontrant la capacité à frapper un État sans engagement militaire direct.
En 2017, l’attaque NotPetya marque un tournant. Conçue pour frapper l’économie ukrainienne, elle se propage à l’échelle mondiale et cause des milliards d’euros de dégâts. Le cyberespace devient officiellement une arme stratégique.
Dans les semaines précédant l’invasion, les attaques numériques russes s’intensifient : banques paralysées, ministères ciblés, données détruites, satellites de communication sabotés.
Le jour même de l’invasion, le réseau satellite Viasat est neutralisé, perturbant les communications militaires ukrainiennes.
La guerre numérique n’est plus un complément : elle devient une phase préparatoire directe à l’assaut militaire.
À partir de 2023, le conflit entre dans une nouvelle dimension. Les drones deviennent l’arme centrale du champ de bataille.
L’Ukraine comme la Russie déploient massivement des drones de reconnaissance, d’attaque et de kamikazes, souvent à bas coût, parfois produits artisanalement, parfois issus d’une industrie militarisée accélérée.
Ces drones sont désormais couplés à :
Le champ de bataille est désormais observé en permanence, filmé, analysé, cartographié.
Un des aspects les plus marquants du conflit est l’utilisation de drones civils modifiés, initialement conçus pour le loisir ou la photographie.
Cette logique transforme la guerre en un affrontement asymétrique où :
La guerre en Ukraine montre qu’un conflit moderne peut être soutenu par des ingénieurs, des développeurs, des makers et des volontaires, autant que par des soldats professionnels.
Parallèlement aux drones, la guerre informationnelle s’est intensifiée.
Réseaux sociaux, vidéos truquées, images sorties de leur contexte, deepfakes et campagnes coordonnées visent à influencer les opinions publiques, à démoraliser l’adversaire et à façonner les récits internationaux.
La frontière entre information, propagande et manipulation devient de plus en plus floue.
La guerre ne se joue plus seulement sur le terrain, mais dans les esprits.
Le conflit russo-ukrainien est aujourd’hui observé attentivement par toutes les grandes puissances militaires.
Ce qui s’y expérimente — drones autonomes, cyberattaques ciblées, guerre cognitive, logistique numérique — préfigure les conflits futurs.
Ce n’est plus la taille de l’armée qui décide seule de l’issue d’une guerre, mais la maîtrise :
La guerre en Ukraine n’est pas seulement un conflit régional.
Elle est le premier affrontement majeur du XXIᵉ siècle où le numérique, l’IA et les drones jouent un rôle aussi central que les armes conventionnelles.
Commencée bien avant 2022 dans l’ombre des réseaux informatiques, elle s’est transformée en un laboratoire mondial de la guerre moderne.
Ce conflit montre une chose essentielle : désormais, une guerre peut commencer sans déclaration officielle, sans frontière franchie, sans explosion.
Elle commence quand les données circulent, quand les drones décollent, et quand les systèmes tombent.
Saad van Nassouwe est un pseudonyme éditorial utilisé pour les contenus publiés sur belge.media.
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