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Sous couvert de tolérance et d’antiracisme, la gauche européenne s’est rapprochée des mouvements islamistes. En cherchant à séduire un électorat communautaire, elle s’est piégée elle-même. Cette alliance rouge-verte met en péril la laïcité et l’équilibre démocratique en Europe.
Depuis plusieurs années, une convergence paradoxale s’installe entre certains partis de gauche européens et les courants issus de l’islam politique. Ce rapprochement repose sur une erreur d’analyse : en prétendant défendre les minorités musulmanes, la gauche soutient parfois des mouvements qui cherchent à imposer un modèle religieux incompatible avec les valeurs démocratiques et laïques de l’Europe.
Nés en 1928 sous l’impulsion de Hassan al-Banna, les Frères musulmans ont pour ambition de réislamiser la société et d’instaurer la charia par des moyens pacifiques mais stratégiques. Plutôt que la confrontation directe, ils misent sur l’influence : création d’associations culturelles, caritatives et éducatives, participation à la vie politique locale et infiltration des institutions publiques. Leur objectif reste inchangé : faire prévaloir la loi islamique sur les lois civiles.
Traditionnellement attachée à la laïcité et à l’émancipation, la gauche occidentale a progressivement cédé à une logique de clientélisme électoral. Par peur d’être accusée d’islamophobie, elle a toléré des revendications communautaires contraires à ses valeurs fondamentales. Dans plusieurs pays européens, des partis de gauche ont accordé une légitimité politique à des associations proches de l’islam politique, en les considérant comme des partenaires du “vivre-ensemble”.
L’islam politique se présente comme une force spirituelle, mais ses fondements sont profondément réactionnaires. Rejet du féminisme, condamnation de l’homosexualité, contrôle social par la religion : autant de traits communs avec les mouvements d’extrême droite. La différence tient au symbole : le drapeau n’est pas celui de la nation, mais celui de Dieu. Derrière le discours religieux se cache une vision autoritaire de la société.
Dans plusieurs grandes villes européennes, des associations “culturelles” ou “inclusives” servent de relais aux idées des Frères musulmans. Elles interviennent dans le monde éducatif, influencent les politiques publiques et façonnent le discours médiatique. Cette stratégie d’infiltration vise à normaliser une approche communautaire du vivre-ensemble, remettant en cause le principe de neutralité religieuse et d’universalité démocratique.
En se rapprochant de ces mouvements, la gauche trahit ses propres combats historiques. Elle confond tolérance et capitulation, diversité et communautarisme. Cette dérive idéologique la conduit à justifier des positions qu’elle aurait autrefois combattues avec vigueur : le rejet de la liberté d’expression, la remise en cause de la laïcité et la relativisation de la haine antisémite.
L’Europe ne doit pas céder à la culpabilité postcoloniale ni au chantage moral de l’islam politique. Défendre les musulmans contre la discrimination est une nécessité. Mais confondre cette lutte avec le soutien à une idéologie religieuse totalitaire serait une faute historique.
Saad van Nassouwe est un pseudonyme éditorial utilisé pour les contenus publiés sur belge.media.
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