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L’extrême gauche se dit démocratique, mais pratique la censure sur les réseaux sociaux. Entre illusion d’unanimité, héritage marxiste et cancel culture, faut-il instaurer un cordon sanitaire comme pour l’extrême droite ?
Les partis de gauche radicale, tels que le PTB en Belgique ou LFI en France, aiment se présenter comme les porte-voix du peuple, défenseurs de la liberté d’expression et de la justice sociale. Pourtant, leur pratique des réseaux sociaux révèle une réalité bien différente. Les commentaires critiques, même formulés sans insulte, sont rapidement supprimés et leurs auteurs bloqués.
Derrière ce verrouillage, l’objectif est clair : créer une illusion d’unanimité. En effaçant toute contradiction, ils façonnent une vitrine politique « propre », où chaque publication est applaudie sans réserve. Mais cette façade cache une intolérance inquiétante à la contradiction. Là où la démocratie exige le débat, l’extrême gauche impose le silence.
À l’inverse, d’autres formations politiques – libérales ou de droite – tolèrent davantage la critique sur leurs espaces publics. Les propos virulents y sont visibles, parfois même violents, mais au moins le pluralisme s’y exprime. Cela souligne le contraste : là où la gauche radicale prétend être la plus démocratique, elle se révèle souvent la plus autoritaire.
Cette fermeture au dialogue n’est pas une nouveauté. Elle s’inscrit dans une logique héritée du marxisme et du communisme historique :
Chaque fois, la dérive commence par le contrôle de la parole avant de s’étendre au contrôle de la société entière.
À l’ère numérique, cette mécanique trouve une nouvelle expression. La cancel culture fonctionne sur le même principe : on ne débat pas, on efface. Les réseaux sociaux amplifient ce phénomène avec leurs algorithmes, qui enferment chacun dans une bulle idéologique où les voix contraires disparaissent.
L’extrême gauche a compris l’efficacité de ces outils et les applique à grande échelle : blocage des opposants, suppression de la contradiction, invisibilisation des critiques.
Bien sûr, bloquer un commentaire sur Facebook n’a rien d’un goulag. Mais la logique reste la même :
C’est une forme de totalitarisme miniature, adaptée à l’ère numérique.
Face à cette dérive, il est temps de poser un constat clair : l’extrême gauche n’est pas plus démocratique que l’extrême droite.
Si l’on a instauré un cordon sanitaire politique contre les partis d’extrême droite, pour leur refus du pluralisme et leurs dérives autoritaires, pourquoi ne pas appliquer la même logique à l’extrême gauche ?
Les deux se rejoignent dans la même tentation : contrôler la parole, imposer une idéologie unique, réduire au silence toute contradiction.
La démocratie n’existe pas sans contradiction. Refuser le débat, c’est déjà trahir ses principes. Aujourd’hui, c’est un commentaire bloqué. Demain, ce sera peut-être une opinion interdite.
La démocratie ne meurt jamais d’un coup, mais par de petites censures répétées. Et c’est précisément pourquoi un cordon sanitaire face aux extrêmes, qu’ils soient de gauche ou de droite, est une nécessité pour protéger nos libertés.
Saad van Nassouwe est un pseudonyme éditorial utilisé pour les contenus publiés sur belge.media.
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